La surenchère plutôt que l’efficacité
Désormais, pour un seul dépassement, vous risquez jusqu’à 3 mois d’emprisonnement, 3 750 € d’amende, une annulation de permis de 3 ans et la confiscation immédiate de votre véhicule.
Pourtant, les chiffres de l’ONISR sont têtus : ces « grands » excès de vitesse ne représentent que 0,45 % des infractions constatées. À l’inverse, plus de 80 % des flashs concernent des excès de moins de 5 km/h. Les chiffres montrent que malgré l’augmentation de la répression et des radars, l’accidentalité ne faiblit plus depuis plusieurs années et qu’on touche aux limites du système répressif mis en place depuis 20 ans. On est donc en pleine mesure d’affichage, une véritable « répression spectacle » qui évite soigneusement de s’attaquer aux vraies causes de l’insécurité routière : le manque de formation, le relâchement de l’attention et le délabrement du réseau routier.
Un piège facile à refermer
Certains diront qu’à +50 km/h, ce n’est plus de l’inattention. Vraiment ? Avec le "yoyo" permanent des limitations de vitesse (VMA), le piège est partout. Qui n’a jamais vu une portion de 2x2 voies, aux caractéristiques autoroutières, soudainement bridée à 50 km/h pour des travaux invisibles ou des raisons administratives floues ? Sans oublier les variations liés en cas de pic de pollution. Une seconde d’inattention, un citoyen exemplaire bascule dans le camp des criminels.
Fabriquer de la délinquance à la chaîne
Alors que le débat public sature sur la hausse de la criminalité, le gouvernement a trouvé une solution radicale : créer des délinquants par décret. En faisant entrer des catégories entières de citoyens dans le casier judiciaire pour une erreur de conduite, on ne sécurise pas les routes, on criminalise la population. Espérons que les juges, futurs destinataires de ces « naufragés de la répression », sauront faire preuve du discernement dont l’exécutif manque cruellement.
Un air de déjà-vu : le retour des vieux démons
Ce combat, la FFMC le mène depuis trente ans.
En 1994, nous avions fait reculer Bernard Bosson qui tentait déjà cette manœuvre.
En 1998, rebelote avec Jean-Claude Gayssot et son « délit de grande vitesse ».
À l’époque, notre mobilisation nationale avait permis de sauver l’essentiel : le droit de ne pas dénoncer le conducteur et, surtout, le fait que la qualification pénale ne s’applique qu’en cas de récidive. C’est ce verrou de bon sens que le décret actuel vient de faire sauter.
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- Manifestaion contre la loi Gayssot à Lyon 1998
Ne pas ignorer le problème de la vitesse
Evidemment que la FFMC est consciente du problème de la vitesse excessive et de la mortalité qui va avec. Et c’est justement pour ça que ce sujet nous tient à cœur et que nous aimerions qu’il soit réellement pris au sérieux.
La FFMC milite depuis toujours pour le continuum éducatif.
Ce que nous défendons, c’est une prévention du risque routier qui repose sur un triptyque : Formation, Éducation, Infrastructure.
Le gouvernement veut nous faire croire que la sécurité routière passe par la prison.
La sécurité, c’est l’éducation, pas l’humiliation judiciaire.