Les Rodéos Sauvages : comprendre le passé pour mieux encadrer le présent

Avec le retour des beaux jours, les moteurs de certaines cross redémarrent pour toucher le bitume et non la terre, et comme chaque année, les articles de presse sur les «  rodéos sauvages  » se multiplient.
Pourtant, au-delà du spectacle et du buzz médiatiques, le phénomène mérite d’être regardé avec un peu plus de recul, et peut être avec moins de jugement. Comment ne pas tomber dans l’amalgame qui voudrait faire penser que tout ce qui roule à deux-roues puisse être un «  motard  » y compris les délinquants.

Non, les pratiquants de rodéos sauvages ne sont pas représentatifs de la communauté motarde. Ce sont même parfois des personnes sans permis, roulant sur des motos ou des quads non homologués, parfois volés, sans assurance, et certain sans casque ni équipement. Leur pratique n’est pas encadrée et elle se fait sur la voie publique en toute illégalité.

C’est avant tout une question de délinquance, liée à une pratique de la moto.
Ce que nous dénonçons, ce n’est pas la pratique en elle-même au contraire. Il y a dans ces gestes techniques – wheeling, stoppies etc.. une vraie maîtrise, une discipline, un lifestyle et surtout une véritable passion de la moto !

Mais le lieu et le contexte de la pratique, eux, posent problème.

Pourquoi ça continue ? Parce qu’on ne propose rien en face

La FFMC le redit : râler sans proposer, c’est contre-productif. La réponse purement répressive montre ses limites : les contrevenants sont attirés par cette pratique de la moto et ne craignent ni les amendes, ni la saisie, ni la prison. Les forces de l’ordre sont souvent contraintes de laisser faire, par peur de l’accident.
Accident qui arrive fatalement, rien que le 27 avril dernier, deux motards de 21 et 27 ans se sont tués en participant à un rodéo sauvage à Savenay. Ce qui n’est pas sans rappeler une certaine Carole Le Fol mais on y reviendra.
En attendant, on tourne en rond. Et pendant ce temps-là, l’opinion publique s’énerve, la presse fait des raccourcis, et les motards et leur image déjà pas dingue en prennent encore pour leur grade. Marre de compter les victimes.

Des solutions pour tous existent

Heureusement, des gens agissent. L’association SOS Rodéo, par exemple, œuvre depuis des années pour transformer cette pratique illégale en une discipline encadrée, légale, respectueuse des autres et de la sécurité.
En lien avec des circuits comme Carole ou La Ferté-Gaucher, l’association propose des journées de roulage, de perfectionnement, de sensibilisation au port des équipements et à la sécurité.
Des rencontres y sont aussi organisées avec les forces de l’ordre pour apaiser les tensions et recréer du dialogue. C’est du concret, c’est du terrain, c’est exactement le genre d’initiatives que la FFMC soutient et encourage.

La FFMC Loisir dans la même dynamique

De son côté, la FFMC Loisir multiplie aussi les actions pour rendre la moto accessible, encadrée, responsable. Elle organise des roulages pour les jeunes permis, sensibilise au partage de la route, et tente de faire émerger une pratique de la moto faite de respect, de passion, et de solidarité.

Une histoire qui se répète ?

Ce que l’on appelle aujourd’hui «  rodéo sauvage  » n’est pas si différent des runs sauvages de la fin des années 1970, comme ceux qui avaient lieu à Rungis. À l’époque aussi, les autorités voulaient réprimer coûte que coûte. Mais grâce à la mobilisation populaire, c’est une solution constructive qui a émergé : la création du Circuit Carole, un circuit unique en France, sécurisé pour pratiquer la moto même sans budget, en mémoire de Carole Le Fol, morte lors d’un run sauvage à Rungis.

Les délinquants d’hier sont pilotes à Carole aujourd’hui et la FFMC milite pour que cette belle histoire se répète !