Kits E85 pour motos : ce qui va changer… et pourquoi ce n’est pas encore légal

La possibilité pour les motards de rouler au bioéthanol E85 franchit une étape importante. Une décision politique vient enfin corriger une inégalité qui durait depuis 2017. Mais concrètement, pour les motards, rien ne change encore immédiatement. Explications.

Une annonce importante… mais pas encore applicable

C’est une évolution attendue depuis longtemps : le principe de l’homologation des kits éthanol (E85) pour les motos a été acté au niveau politique. En clair, l’État reconnaît désormais la nécessité d’ouvrir cette possibilité aux deux-roues motorisés, mettant fin à une situation incohérente où les voitures pouvaient être converties légalement… mais pas les motos. Sacha Houlié l’explique très bien ci dessous :

Rappel que cependant à ce jour, la conversion d’une moto à l’E85 n’est pas encore légale.

Pourquoi ? Parce que la décision politique doit encore se traduire concrètement dans la réglementation. Cela passe notamment par une modification du cadre existant, issu d’un décret de 2017, qui encadre aujourd’hui l’homologation des dispositifs de conversion.

La mise en œuvre dépend désormais de l’administration, en particulier de la Direction Générale de l’Énergie et du Climat (DGEC). C’est elle qui doit adapter les textes pour permettre l’homologation officielle des kits pour les motos.

Ce type d’évolution prend du temps. Le délais peut se compter en mois, voire en année, suivant la complexité des réglementations et des procédures de validation à faire évoluer.

Une situation qui commence malgré tout à évoluer

Même si rien n’est encore applicable immédiatement, cette annonce n’est pas sans effet.

D’abord, elle sécurise partiellement les motards déjà équipés. Sans légaliser leur situation, elle indique que la réglementation va évoluer dans leur sens.

Ensuite, elle donne de la visibilité aux fabricants, notamment aux PME françaises qui travaillent sur ces technologies.

Ces acteurs vont pouvoir investir, développer et préparer des solutions conformes aux futures normes.

Un point reste particulièrement flou à ce stade : la question de la garantie constructeur.

Aujourd’hui, un kit de conversion installé ferait sauter la garantie constructeur.
À terme, plusieurs scénarios sont possibles :
• Certains constructeurs pourraient continuer de refuser toute prise en charge en cas de modification
• D’autres pourraient proposer leurs propres solutions homologuées
• Ou encore intégrer directement des modèles compatibles E85
On vous invite à leur demander directement ;)

Retour sur une inégalité qui durait depuis 2017

Depuis bientôt 10 ans, les motards faisaient face à une situation difficilement justifiable :
les automobilistes pouvaient légalement rouler à l’E85 grâce à des kits homologués… tandis que les deux-roues en étaient exclus.

Cette différence de traitement était dénoncée de longue date par la FFMC, aux côtés d’acteurs industriels et de plusieurs relais politiques, dont le député Sacha Houlié.

Cette avancée est donc le résultat d’un travail collectif :
• mobilisation des motards
• implication de la FFMC
• engagement de PME françaises innovantes
• relais au niveau parlementaire

Le E85 : de quoi parle-t-on exactement ?

Le E85, ou superéthanol, est un carburant composé majoritairement d’éthanol, produit notamment à partir de betteraves ou de céréales.

Un kit éthanol est un dispositif installé sur le moteur qui permet d’adapter l’injection pour fonctionner avec ce carburant.

Jusqu’à présent, ces kits étaient interdits pour les motos car aucun cadre d’homologation spécifique n’existait.

L’ouverture à l’E85 ne relève pas d’un simple détail technique ou d’une volonté d’égalité.

Elle touche à plusieurs enjeux concrets :
Le pouvoir d’achat
Le E85 est nettement moins cher que l’essence classique. Pour les motards qui roulent régulièrement, l’économie peut être significative.
La liberté de choix
Pouvoir choisir son énergie, c’est éviter une transition imposée et subie, notamment vers le tout électrique.
Une transition plus progressive
Le bioéthanol représente une alternative intermédiaire, permettant de réduire certaines émissions sans changer totalement de véhicule.
Le soutien à l’économie locale
La filière éthanol est largement produite en France, et les kits sont développés par des PME françaises. C’est donc aussi un levier industriel.

Une avancée à suivre… sans précipitation

Cette annonce marque une étape importante, mais elle ne peut pas, à ce stade être interprétée comme un feu vert immédiat.

La FFMC continuera de suivre ce dossier de près, avec un objectif clair :
obtenir une mise en œuvre rapide, cohérente et équitable pour les deux-roues.

D’ici là, prudence et patience restent de mise. ;)

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