Dans un communiqué publié à la suite des discussions autour de la révision du « Paquet Contrôle Technique » européen dont on parle plus en profondeur ici, la FIM estime qu’un contrôle technique périodique obligatoire pour les motos dans toute l’Union européenne serait une mesure disproportionnée, inefficace en matière de sécurité routière et contraire à l’objectif affiché par l’Union européenne de simplification réglementaire.
Pour résumer : selon la FIM, rien ne démontre qu’un contrôle technique obligatoire réduise les accidents impliquant des deux-roues motorisés.
Le président de la FIM, Jorge Viegas, rappelle d’ailleurs une évidence que beaucoup semblent oublier à Bruxelles : oui, l’état des véhicules est important, mais non, le contrôle technique obligatoire n’est pas « le bon outil » pour réduire la mortalité à moto.
La FIM souligne que les principales causes d’accidents restent connues depuis longtemps :
- Le comportement humain,
- le manque de visibilité des motos,
- les infrastructures dangereuses,
- l’état des routes,
- les intersections mal conçues,
ou encore les comportements à risque.
Bref, tout ce que la FFMC affirme, preuves à l’appui, depuis tant d’années.
La FIM insiste également sur le fait qu’imposer un contrôle technique uniforme dans toute l’Europe reviendrait à ignorer les réalités nationales : géographie, infrastructures, habitudes de circulation, politiques de sécurité routière ou encore saisonnalité de l’usage moto diffèrent fortement d’un pays à l’autre. Prenons exemple sur la Norvège où il fait nuit 6 mois dans l’année...
Et surtout, la FIM rappelle un point essentiel : une mesure générant des coûts, des contraintes administratives et des obligations supplémentaires devrait au minimum être appuyée par des preuves solides et impartiales de son efficacité. Or, ces preuves n’existent toujours pas.
Quand c’est une instance comme la FIM qui monte au créneau, c’est sans doute que le problème que nous dénonçons depuis des dizaines d’années est réel.
De notre côté, des contacts ont déjà été pris avec plusieurs membres de la FEMA (Federation of European Motorcyclists) et la FIM afin d’organiser la riposte.
Parmi eux, les représentants du Danemark, de la Norvège, de la Finlandeou encore de Chypre ont d’ores et déjà répondu présents. À cela s’ajoutent les Portugais du GAM (Grupo Acção Motociclista) pourtant non membres de la FEMA mais sans doute parmi les plus remontés sur le sujet. Il faut dire que le Portugal faisait partie des pays ayant initialement refusé le contrôle technique moto avant de voir aujourd’hui cette décision directement remise en cause depuis Bruxelles.
Nous vous tiendrons évidemment informés de ce nouveau chapitre du feuilleton du contrôle technique moto.


