Vitesse, perception, intersections : les clés de l’accident grave à moto

Une étude approfondie menée par l’institut néerlandais SWOV met en lumière les principaux scénarios d’accidents graves à moto. Basée sur une cinquantaine de cas réels, elle montre que les collisions sont rarement dues à un problème mécanique, mais résultent surtout d’une combinaison entre mauvaise perception du motard par les automobilistes, une vitesse inadaptée et un environnement routier peu tolérant. L’étude permet également de dégager un véritable “accident type” du motard gravement blessé.

L’étude approfondie menée aux Pays-Bas par l’institut SWOV définit des tendances au sujet des caractéristiques et des conditions des accidents de moto graves.
Contrairement à certaines idées reçues, les chercheurs montrent que les défaillances mécaniques des motos jouent très rarement un rôle majeur dans les accidents. Cette étude concorde avec celle de MAIDS.

Les types d’accidents

Les causes principales sont ailleurs : dans la perception, le comportement humain, l’environnement routier et l’interaction avec les autres usagers.
En se basant sur une cinquantaine accidents moto, l’institut a identifié les scénarios les plus fréquents et les facteurs qui aggravent les blessures.

Cinq grands types d’accidents ont ainsi été mis en évidence :
Type 1 : Le motard perd le contrôle de son véhicule dans un virage en raison d’une chaussée glissante.
Type 2 : Le motard freine et chute à l’approche d’un feu rouge.
Type 3 : En raison d’une vitesse excessive, le motard ne peut réagir à temps.
Type 4 : Le motard percute les derniers véhicules d’un embouteillage ou un véhicule qui freine brusquement.
Type 5 : Le motard est invisible pour un autre usager de la route.

Profils

L’étude montre également que certains types d’accidents sont associés à des catégories précises de motards :
  Jeunes motards (<40 ans) : ils sont d’avantage impliqués dans les accidents liés à la vitesse excessive et à une surestimation de leurs capacités (Type 3)
  Motards plus âgés (>50 ans) : apparaissent plus vulnérables aux pertes de contrôle en virage, notamment sur chaussée glissante. Les motos anciennes dépourvues d’ABS sont aussi fortement représentées dans les accidents lors de freinages d’urgence. (Type 1)

Accident type

C’est d’ailleurs ce dernier scénario qui ressort comme le plus représentatif de l’accident grave à moto. Dans plus de la moitié des cas étudiés, les blessures les plus sévères surviennent lors d’une collision avec un autre véhicule, le plus souvent une voiture.

Grâce à cette étude nous pouvons définir un accident type :
« En pleine journée par temps sec, un homme conducteur de roues motorisés circule sur une moto en bon état, soit en zone urbaine avec une vitesse d’environ de 50 km/h, soit sur une route départementale avec une vitesse d’environ 60 -100 km/h. Le motard arrive à une intersection ou à un rond-point quand soudain un automobiliste roulant avec une vitesse légèrement au-dessus de la limite coupe sa trajectoire, tourne sans l’avoir identifié ou sous-estime sa vitesse d’approche. Le motard tente alors un freinage d’urgence, parfois insuffisant, parfois trop brutal, ce qui conduit soit à la collision directe, soit à une chute suivie d’un impact contre un obstacle. »

Autres éléments composants

Beaucoup d’accidents deviennent réellement graves, d’un point de vue blessure, qu’au moment du choc contre un obstacle fixe : glissière, poteau, mobilier urbain, bordure ou signalisation. Cela rappelle que la gravité d’un accident ne dépend pas uniquement de la collision initiale, mais aussi de la manière dont l’infrastructure routière est conçue.

Les conclusions

Cette étude rejoint celles des grandes études européennes précédentes : l’accident de moto grave est rarement le résultat d’un seul facteur. Il naît généralement d’une combinaison de mauvaise perception du motard par les automobilistes, de vitesse parfois inadaptée, de réactions tardives et d’un environnement routier peu tolérant pour les usagers vulnérables.

P.-S.

Etude SWOV sur les accidents de moto

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