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Dernières annonces ministérielles pour la sécurité routière, un changement de ton timide, mais notable

jeudi 5 février 2015

Le 26 janvier 2015, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a communiqué ses intentions en matière de sécurité routière. Confronté à une remontée des chiffres des tués sur les routes en 2014 (estimation à +120 décès par rapport à 2013), M. Cazeneuve ne pouvait pas couper à des déclarations, d’autant plus que les partisans de la sévérité routière l’attendaient au tournant tout en répétant leurs exigences de « réponse forte » et de surenchère réglementaire. Pour sa part, la FFMC reconnaît que face à l’émotion que peuvent susciter les drames routiers, le gouvernement ne semble cette fois pas vouloir céder aux sirènes de la répression.

L’analyse de la remontée de l’accidentalité routière en 2014 met en évidence la surreprésentation des catégories les plus vulnérables, les piétons, les cyclistes et les cyclomotoristes, autrement dit des victimes auxquelles on ne peut pas reprocher d’avoir roulé trop vite… Etant donné que c’est généralement ce qu’on nous oppose en premier, notons que les chiffres de sinistralité des motards sont en baisse.
En attendant une étude plus approfondie de ces accidents, il apparaît également que face à l’inattention au volant et à la désimplication progressive des conducteurs confortés dans des attitudes faussement sécuritaires (crainte des radars et sur-confiance dans la sécurité proposée par les véhicules modernes), la conscience du risque se relâche. Cela s’observe nettement par le nombre d’usagers qui se déplacent en tripotant leur smartphone, aussi bien à pied qu’en voiture. D’où l’annonce de l’interdiction du téléphone au volant avec écouteurs, oreillette et autres dispositifs dit « kit mains libres ». Seul le système embarqué attenant au véhicule ou le « sans fil » de type Blue-Tooth reste toléré. La fin programmé des vitres sur-teintées à l’avant des autos accompagne la lutte contre le téléphone au volant… cette annonce n’a rien d’incohérent et ne fait qu’affirmer un type de danger déjà bien identifié.
Les intercom de casques et liaisons sonores pour GPS ne devraient pas être concernés par cette mesure qui vise surtout à limiter les velléités de textoter chez les automobilistes.

Sinon, en quoi ces dernières annonces nous concernent directement, nous usagers 2RM, sachant que ces annonces ne sont qu’une réaffirmation de mesures déjà actées ou même déjà en cours ?

L’harmonisation de la taille des plaques d’immatriculation des 2RM ? Ça fait deux ans que c’est dans le tuyau et il s’agit en fait de ramener cette taille au format actuel de 170 X 130 mm ou de 210 X 130 mm qui est déjà en vigueur sur nos motos et qui a été officiellement reconfirmé lors de la réunion plénière du Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) de juin 2013. Cette harmonisation réaffirme surtout que les petites plaques (format cyclo) ou les plaques fantaisies sur une ligne sont illégales… merci, on le savait déjà ! Cette « harmonisation » est en fait une simplification : avant, il existait quatre formats de plaques pour 2RM et maintenant, il ne reste plus qu’un format unique.

Le gilet dit de « haute-visibilité » en cas d’urgence pour les 2RM ? Là encore, rien de neuf, ça a été annoncé lors de la réunion plénière du CNSR du 8 décembre 2014 et ça fait bientôt quatre ans qu’on en parle… rappelons qu’en 2011, l’obligation de port en permanence (gilet ou brassard) associé à un retrait de points sur le permis avait fait réagir la communauté motarde après son annonce par le Conseil interministériel de la sécurité routière en juin 2011. A la suite de notre forte opposition, Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur) avait convenu de ne pas signer le décret de mise en application prévue pour janvier 2013 alors qu’il proposait à la FFMC d’intégrer le CNSR. Au final, le délire du gilet fluo se termine sous la selle ou dans une sacoche, tout comme les automobilistes sont tenus d’en posséder un à bord… pas de quoi fouetter un chat ! Admettons qu’en cas de panne, ça puisse servir à se signaler comme étant en détresse ou même à dépanner un copain qui n’a pas le sien. Reste à discuter avec les fonctionnaires de la sécurité routière comment ils envisagent un cas d’urgence à moto qui laisserait le temps d’aller chercher son gilet sous la selle ou au fond de la bagagerie.

Le 26 janvier, le ministre a confirmé la prise en compte des motards en revenant sur la dangerosité des glissières de retenue et ça, c’est plutôt un progrès. M. Cazeneuve a également défendu les guides techniques de recommandations pour l’amélioration des infrastructures, les instances de partage d’info entre usagers et les collectivités locales, tout ce qui peut favoriser les « bonnes pratiques » en matière de concertation… et là, la présence de la FFMC au CNSR contribue fortement à cette approche non répressive.
Sur les gros dossiers plus « visibles » médiatiquement parlant, il n’a pas changé d’avis quant à la demande des « experts » du CNSR qui recommandaient d’abaisser la vitesse à 80 km/h sur tout le réseau secondaire : comme les 19 juin et 8 décembre dernier, M. Cazeneuve préfère s’orienter vers une expérimentation sur quelques sites identifiées comme particulièrement accidentogènes. Et notons qu’en la matière, les gestionnaires du réseau routier limitent déjà ces secteurs à 70 km/h, comme c’est le cas en approche des grands carrefours du réseau secondaire.

Pour le reste, comme tout ministre chargé de la sécurité routière au pays du contrôle-sanction-automatisé, Bernard Cazeneuve a promis une modernisation du parc actuel des radars et un durcissement contre les « contournements de la loi » en la matière… là encore, rien de neuf (sauf les prochaines cabines-radars).

La vraie nouveauté de ces annonces du 26 janvier, c’est l’abaissement du taux d’alcool à 0,2 g/l pour les conducteurs novices. Cette proposition ne sort pas des débats du CNSR qui avait étudié cette question en février 2013 pour conclure alors que la législation existante était suffisante. Mais face au problème récurrent de l’alcool sur la route qui ne concerne qu’une minorité de conducteurs, mais 1/3 des accidents graves, il semblerait que le gouvernement ait voulu envoyer un signal fort qui pourrait être le prélude à une généralisation à tous les détenteurs du permis dans les années à venir, comme c’est déjà le cas dans de nombreux pays européens et comme la tendance est à l’harmonisation européenne (voire mondiale) des règlements de sécurité routière…. Là-dessus, c’est difficile d’être contre une telle mesure, même quand on préfère généralement travailler sur la prévention et la formation que sur la répression.

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