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Les années rebelles

vendredi 7 novembre 2003

Pour le gouvernement Giscard, ces "braillards casqués" ne sont que quantité négligeable


La première manifestation de motards a lieu le vendredi suivant les déclarations de Gérondeau, le 22 septembre 1978.

Spontanément, des milliers de motards investissent la place de la Bastille, et commencent à s’étirer en cortège pour défiler sous les fenêtres des dirigeants politiques. En province, plusieurs MCP s’unissent sous des bannières explicites : "Moto liberté", "SOS Moto survie", "Moto vivante", ... Ils mettent à leur tout en place leurs premières manifestations dans plus de vingt villes à travers l’Hexagone, occasion sans précédent de mesurer l’ampleur de la mobilisation.

A chaque endroit émerge un leader, une "grande gueule" qui sert à la fois de repère pour les motards et de contact pour les agents des Renseignements Généraux...

Fin 1979, les relations entre tous les mouvements régionaux aboutissent à un projet de coordination nationale. Reste à trouver l’appellation fédératrice.

Elle viendra comme une évidence : puisqu’il existe déjà une fédération, qualifiée de "pantouflarde" et complice des pouvoirs publics, il suffit d’en créer une autre en ajoutant simplement le "C" de Colère à l’abréviation existante.

En janvier 1980, la Fédération Française des Motards en Colère pointe le bout de son logo (le "triangle de la colère", symbolisant les trois grands pôles d’activités - Lyon, Paris, et Toulouse - ne sera qu’éphémère car l’hexagone avec le bras d’honneur s’avère vite plus "parlant").

La mise en place officielle de la vignette fiscale à partir de 750 cm3 et du nouveau permis donne encore plus de ressort au mouvement naissant. Les premières assises nationales sont organisées au Havre.

A la tribune, le frais émoulu porte-parole national, Jean Marc Maldonado, lance l’appel au boycott de la vignette. L’assemblée exulte et décide dans la foulée d’une "anti-vignette". Les recettes dégagées par la vente de celle-ci doit permettre de financer un collectif d’avocats qui défendra les motards verbalisés.

En pratique, le succès de l’opération est tel que huit motards sur dix n’acquitteront pas la vignette. Les verbalisations sont rendues d’autant plus difficiles que la FFMC édite aussi des motocollants pour "maquiller" la cylindrée des motos. Les caches latéraux des 500 cm3 sont siglés 1000 cm3 et inversement. Pagaille totale !! Pour les motards, l’achat des motocollants est l’occasion du premier contact avec le mouvement.

En quelques semaines, des antennes départementales de la FFMC éclosent partout en France. Les manifestations se succèdent à un rythme effréné et mobilisent pourtant à chaque fois des milliers de motards.

Bien perçues de l’opinion, ces manifestations sont parfois le théâtre de heurts violents avec les forces de l’ordre. Quoi de plus logique lorsqu’on retrouve face-à-face quelques gradés venus "casser du blouson noir" et quelques motards décidés à burner sur les képis ?

Le mouvement est alors en phase d’externalisation et s’érige d’abord en victime comme le traduisent les slogans déployés sur les banderoles :
- Les motards ne meurent pas, on les tue
- Vignette : 80% dans le baba-re (R. Barre était alors premier ministre)
- Le motard n’est pas une vache à lait

Pour le pouvoir en place, mis à mal par plusieurs "affaires" gênantes (affaire Boulin, diamants de Giscard, assassinat de Mesrine, ...), ces braillards casqués sont quantité négligeable.

Lorsque les motards en colère s’adressent aux deux candidats restant en lice à l’issue du premier tour des élections présidentielles de 1981 pour demander l’abolition de la vignette, seul F. Mitterrand prendra la peine de leur répondre.

Le 10 mai suivant, il est élu président de la république.

La vignette passe à la trappe en juin, et Pierre Mayet prend le fauteuil de délégué interministériel à la sécurité routière avec une mission claire : inviter la FFMC à la table de négociations lors de la mise en place d’une "commission nationale moto" devant plancher notamment sur la réforme du permis.

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