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Sécurité routière : Rémy Heitz remplacé par Cécile Petit

On ne le regrettera pas...

mercredi 22 novembre 2006

En quelques années de délégation interministérielle à la Sécurité Routière, Mr Heitz, qui admettait encore récemment ‘ne rien comprendre aux motards’, aura réussi à s’en faire copieusement détester au point d’en devenir la bête noire.

Certes, il y avait au départ un désaccord profond sur la politique de sécurité routière. Partisan de la multiplication des radars au détriment de la logique de prévention, ce n’est que plus tard, après quelques épisodes calamiteux, que Rémy Heitz dévoile toute sa moto-phobie.

Artisan des très oubliables ‘feux de jour’, il oubliait un peu vite que cette mesure ne faisait qu’accentuer la visibilité des véhicules les plus imposants, et les mieux protégés au détriment des plus vulnérables. Les statistiques de sécurité routière montrent aujourd’hui les résultats et les limites de cette politique : certes le nombre d’automobilistes tués a baissé, mais au prix d’une hausse du nombre de piétons, motos et vélos accidentés.

Refusant de reconnaître l’échec, il en rajoute une couche avec une campagne de « sécurité » qui stigmatise les motards sous le slogan ‘la meilleure protection du motard, c’est le respect du code de la route’. Il agite ainsi l’idée que tous les motards sont avant tout des irresponsables, irrespectueux du Code de la route et fautifs de leurs accidents, en pensant peut-être naïvement que le seul respect des règles suffit à éviter l’accident. Il oublie un peu vite que les statistiques des compagnies d’assurance attribuent la responsabilité des accidents d’un motard avec un tiers à l’autre véhicule dans les 2/3 des cas.

Dans la foulée, il fait adopter la plus répressive des lois contre la moto : au mépris des règles de libre circulation des biens et des personnes qui prévalent au sein de l’Union européenne, le ‘projet de loi relatif à la sécurité et au développement des transports’ est adopté en douce pendant la trêve des confiseurs, le 5 janvier 2006. Depuis, ce ne sont pas moins de 30 000 € d’amende et deux ans de prison, qui guettent le motard qui aura eu l’outrecuidance de modifier son véhicule. La disproportion entre faute et peine consacre l’inadaptation des pouvoirs publics à la réalité, incapables de différencier débridage et gonflage, obsédés par le besoin de punir, et adoptant des lois non plus en fonction des problèmes mais du discours ambiant.

Loin d’en rester là, Rémy Heitz ressort d’un tiroir le poussiéreux dossier du très contestable ‘contrôle technique’ moto, dont on a montré a maintes reprises l’inutilité et l’inadéquation aux motos. En matière de provocation, on ne pouvait pas faire mieux.

Enfin, sur le terrain de la pratique de la moto au quotidien, alors que la FFMC tente de faire avancer des propositions pragmatiques pour un meilleur partage de la route, en élaborant un code de bonne conduite sur la circulation entre les files, c’est à nouveau la politique du bâton qui s’abat sur les motards, avec un grand renfort médiatique made in TF1, dont le directeur de l’info, Robert Namias, par ailleurs président du CNSR se fait une joie de relayer le message policier. Des centaines de motards se font ainsi verbaliser alors qu’ils remontent les files dans les embouteillages, sans qu’aucun message de prévention intelligent ne soit diffusé.

Bref Mr Heitz ne nous laissera que de mauvais souvenirs. Mais si son personnage stigmatise toute la rancœur des usagers de la route tenus en joue depuis 3 ans par une jumelle laser, et symbolise l’emballement de la machine à retirer les points de permis, il ne fait pas oublier qui tire les ficelles. Car c’est avant tout le gouvernement, Sarkozy et de Robien en tête, qui a été l’un des plus motophobes que l’on ait connu.

Espérons que sa remplaçante, Cécile Petit, nommée aujourd’hui en Conseil des Ministres, saura oublier les clichés sur la moto et ses usagers qui ont trop souvent cours à la DSCR.

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